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L’État français, qu’il soit gouverné par la droite ou par la gauche, fait la même chose depuis des années.

L’équation qui préside à ces ventes des bijoux de famille est des plus simples, et des plus attristantes : utiliser le produit des cessions de patrimoine comme recettes de poche. Un particulier qui agirait ainsi se retrouverait vite dans une impasse. Pas l’État, ou du moins pas tout de suite. Et le temps que son impéritie éclate au grand jour, le gouvernement a changé, si bien que les nouveaux responsables peuvent très facilement invoquer les erreurs commises par leurs prédécesseurs. Facile !

La dernière en date remonte à mars 2015, avec la vente de la participation de 4 % dans le groupe d’aéronautique et de défense Safran. Afin de colmater les trous dans le déficit public, ce qui est de nature à déplaire à Bruxelles, le gouvernement prive la collectivité des dividendes qui, chaque année, étaient versés par Safran. Le tout à un moment où les taux d’intérêt sont proches de zéro. Une opération qui non seulement ne rapporte pas, mais qui représente finalement un manque à gagner pour la collectivité. Les privatisations qui se sont déroulées depuis 1986 obéissent toutes à la même règle : jamais, ou si peu, l’argent qui en a été retiré n’a servi à financer des projets d’investissement.

L’exemple caricatural des autoroutes

En 2005, François Bayrou avait dénoncé la cession de 9 000 des 12 000 kilomètres du réseau autoroutier à des opérateurs privés par Dominique de Villepin. D’une part, celle-ci s’est réalisée en catimini, sans aucun débat au Parlement comme la loi l’exigeait pour les privatisations. D’autre part, l’objectif consistait à s’octroyer deux années de facilités budgétaires – 15 milliards d’euros –, pour voguer confortablement jusqu’à la présidentielle de 2007. Depuis, l’État ne perçoit plus un centime des recettes de péage, qui représentent tout de même 8 milliards d’euros par an. Les sociétés concessionnaires, en revanche, réalisent des profits considérables, que l’Autorité de la concurrence a carrément qualifiés de rente dans un avis rendu en septembre 2014. On est loin de la saine gestion.

Mais un exemple plus ubuesque encore, relevé par la Cour des comptes dans son rapport public de 2008, concerne la vente des locaux de l’Imprimerie nationale, dans le 15e arrondissement de Paris. L’État a cédé ces immeubles au fonds d’investissement Carlyle pour 85 millions d’euros, avant de les racheter près de quatre fois plus cher quelques années plus tard. En comparaison, les héritiers de la couronne passent pour de petits joueurs !

Source: Le Point

Via: news360x