22/01/17

- Un secret de polichinelle bien gardé

Washington est derrière la brutale expérience indienne d’abolition de l’argent liquide.

Master

Analyse:

Début novembre, sans préavis, le gouvernement indien a déclaré invalides les deux billets de banque de plus grande valeur, abolissant plus de 80 % de la valeur d’argent en circulation. Malgré toute l’agitation et l’indignation qui en ont résulté, personne ne semble avoir pris conscience du rôle décisif qu’a joué Washington dans cette décision. C’est surprenant, car ce rôle a été à peine dissimulé.

 

Le président américain Barack Obama a déclaré que le partenariat stratégique avec l’Inde était une priorité de sa politique étrangère. La Chine doit être maîtrisée. Dans le cadre de ce partenariat, l’agence américaine de développement USAID a négocié des accords de coopération avec le ministère indien des Finances. L’un d’eux a pour objectif déclaré de repousser l’utilisation de l’argent liquide en faveur des paiements numériques, en Inde mais aussi dans le monde entier.

Le 8 novembre, le Premier ministre indien Narendra Modi a annoncé que les deux plus grandes coupures, en valeur, de billets de banque ne pouvaient plus être utilisées, avec un effet presque immédiat. Les propriétaires ne pouvaient récupérer leur valeur qu’en les déposant sur un compte bancaire avant la fin de la période de grâce qui expirait à la fin de l’année [2016], ce que beaucoup de gens et d’entreprises n’ont pas réussi à faire, en raison des longues files d’attente devant les banques. Le montant d’argent liquide que les banques ont été autorisées à payer aux clients individuels a été sévèrement restreint. Près de la moitié des Indiens n’ont pas de compte bancaire et beaucoup n’ont même pas de banque à proximité. L’économie est largement basée sur l’argent liquide. Du coup, une grave pénurie de liquidités s’en est suivie. Ceux qui ont souffert le plus sont les plus pauvres et les plus vulnérables. Ils ont éprouvé des difficultés supplémentaires à gagner leur maigre vie dans le secteur informel ou à payer des biens et des services essentiels comme la nourriture, la médecine ou les hôpitaux. Le chaos et la fraude ont régné en décembre.

Quatre semaines plus tôt

Moins de quatre semaines avant cette attaque contre les Indiens, l’USAID avait annoncé la création de « Catalyst : Inclusive Cashless Payment Partnership » [partenariat pour un paiement non liquide inclusif, NdT], dans le but d’effectuer un saut quantique en Inde. La déclaration de presse du 14 octobre indique que Catalyst « marque la prochaine phase du partenariat entre l’USAID et le ministère des Finances pour faciliter l’intégration financière universelle ». La déclaration ne figure pas (ou plus) dans la liste des déclarations de presse sur le site internet de l’USAID. Même une recherche avec le mot « Inde » n’a pas permis de la retrouver. Pour la trouver, vous devez déjà savoir qu’elle existe, ou tomber sur elle par hasard au cours d’une recherche internet. En effet, cette déclaration et d’autres qui semblaient plutôt ennuyeuses auparavant, sont devenues beaucoup plus intéressantes et révélatrices après le 8 novembre.

En lisant attentivement cette déclaration, il est évident que Catalyst et le partenariat de l’USAID et du ministère indien des Finances − d’où est né le projet Catalyst − ne sont que des façades qui ont servi à préparer l’assaut contre tous les Indiens utilisant de l’argent liquide sans soulever de soupçons indus. Même le nom Catalyst semble beaucoup plus sinistre une fois que vous savez ce qui s’est passé le 9 novembre.

Le directeur de projets de Catalyst est Alok Gupta, qui occupait le poste de chef d’exploitation du World Resources Institute à Washington, dont l’USAID est l’un des principaux commanditaires. Il était également un membre original de l’équipe qui a développé Aadhaar, le système d’identification biométrique à la Big Brother.

Selon un rapport de l’Indian Economic Times, l’USAID s’est engagée à financer Catalyst pendant trois ans. Les montants sont gardés secrets.

Badal Malick était vice-président du plus important marché en ligne indien, Snapdeal, avant d’être nommé directeur général de Catalyst. Il a fait ce commentaire :

 « La mission de Catalyst est de résoudre les multiples problèmes de coordination qui ont bloqué la pénétration des paiements numériques chez les commerçants et les consommateurs à faible revenu. Nous sommes impatients de créer un modèle durable et reproductible. (…) S’il y a eu (…) une pression concertée pour les paiements numériques exercé par le gouvernement, il existe encore un dernier effort à faire au niveau de son acceptation par les marchands, et des questions de coordination. Nous voulons approcher le problème de façon écosystémique et holistique. »

Dix mois plus tôt

Les multiples problèmes de coordination et la question des écosystèmes en espèces mentionnée par Malick ont été analysés dans un rapport que l’USAID a commandé en 2015 et présenté en janvier 2016 dans le cadre du partenariat anti-espèces avec le ministère indien des Finances. Le communiqué de presse sur cette présentation n’est pas (plus ?) non plus dans la liste des déclarations de presse de l’USAID. Le titre de l’étude était Beyond Cash [Au delà du liquide].

« Les commerçants, comme les consommateurs, sont pris au piège dans des écosystèmes d’argent en espèces qui empêche leur intérêt » pour les paiements numériques dit le rapport. Étant donné que peu de commerçants acceptent les paiements numériques, peu de consommateurs s’intéressent à eux, et comme peu de consommateurs utilisent les paiements numériques, peu de commerçants y ont un intérêt. Étant donné que les banques et les fournisseurs de systèmes de paiement facturent des frais pour l’équipement à utiliser ou même pour un simple essai de paiement numérique, une forte impulsion externe est nécessaire pour atteindre un niveau de pénétration des cartes de crédit qui créerait un intérêt des deux côtés pour ce genre de paiement.

Il s’est avéré en novembre que l’approche nommée « écosystème holistique » pour créer cette impulsion consistait à détruire l’écosystème de l’argent en espèces pour un temps limité et à le sécher lentement plus tard, en limitant la disponibilité de liquidités auprès des banques pour les clients individuels. Puisque que l’assaut devait être une surprise pour atteindre son plein résultat catalyseur, l’étude Beyond-Cash publiée et les protagonistes de Catalyst ne pouvaient pas décrire ouvertement leurs plans. Ils ont utilisé un moyen astucieux pour les déguiser tout en étant en mesure de faire ouvertement les préparatifs nécessaires, y compris les auditions d’experts. Ils ont beaucoup parlé d’une expérience de terrain régionale qu’ils planifiaient ostensiblement.

« L’objectif est de s’attaquer à une ville et de multiplier les paiements numériques par 10 en six à douze mois », a déclaré Malick moins de quatre semaines avant que la plupart des espèces ait été abolies dans l’ensemble de l’Inde. Pour ne pas être limités dans leur préparation sur une seule ville, le rapport Beyond-Cash et Catalyst ne cessaient de parler d’une gamme de régions qu’ils examinaient, apparemment afin de décider plus tard quelle était la meilleure ville ou région pour l’expérience de terrain. C’est seulement en novembre qu’il est devenu clair que l’ensemble de l’Inde devrait être la région cobaye dans l’effort global pour mettre fin à la dépendance à l’argent liquide. En lisant avec recul une déclaration de l’ambassadeur Jonathan Addleton, directeur de la mission de l’USAID en Inde, il est clair qu’il a annoncé cela furtivement quand il disait, quatre semaines plus tôt :

 « L’Inde est à l’avant-garde des efforts mondiaux pour numériser les économies et créer de nouvelles opportunités économiques qui s’étendent à des populations difficiles à atteindre. Catalyst soutiendra ces efforts en se concentrant sur le défi de rendre les achats quotidiens non liquides. »

Les vétérans de la guerre contre les espèces en action

Qui sont les institutions derrière cette attaque décisive contre les espèces ? À la suite de la présentation du rapport Beyond-Cash, l’USAID a déclaré : « Plus de 35 organisations indiennes, américaines et internationales importantes se sont associées au ministère des Finances et à l’USAID pour cette initiative. » Sur le site internet de Catalyst, on peut voir que ces organisations sont pour la plupart des fournisseurs de services informatiques et de paiement qui veulent gagner de l’argent à partir de paiements numériques ou de la vente de données associées aux utilisateurs. Beaucoup sont des anciens combattants de ce qu’un haut fonctionnaire de la Deutsche Bundesbank a appelé la « guerre des institutions financières contre les espèces » (en allemand). Ils sont l’Alliance Better Than Cash, la Fondation Gates (Microsoft), Omidyar Network (eBay), la Fondation Dell Mastercard, Visa, la Fondation Metlife.

L’alliance Better than cash – Mieux que le liquide

L’alliance Better Than Cash, dont l’USAID est membre, est mentionnée pour une bonne raison. Elle a été fondée en 2012 pour faire diminuer l’utilisation des espèces à l’échelle mondiale. Le secrétariat est logé au Fonds de développement des Nations Unies (UNCDP) à New York, ce qui pourrait expliquer pourquoi cette petite organisation assez pauvre de l’ONU était si heureuse, il y a deux ans, que la Fondation Gates, la première année, et la Master-Card-Foundation, l’année suivante, comptent parmi ses plus généreux donateurs.

Les membres de l’Alliance sont les grandes institutions américaines qui auraient le plus grand avantage à faire disparaître les espèces, c’est-à-dire les sociétés de cartes de crédit Mastercard et Visa, ainsi que certaines institutions américaines dont les noms sont souvent mentionnés dans les livres sur l’histoire des services de renseignements américains, à savoir la Fondation Ford et l’USAID. La Fondation Gates en est un autre membre éminent. Omidyar Network, appartenant au fondateur d’eBay, Pierre Omidyar, et Citibank sont des contributeurs importants. Presque tous ces partenaires sont aussi individuellement partenaires de l’actuelle initiative USAID-Inde pour mettre fin à la dépendance à l’argent liquide en Inde et au-delà. L’initiative et le programme Catalyst ne semblent guère plus qu’une extension de l’alliance Better Than Cash, renforcée par des organisations indiennes et asiatiques qui ont un fort intérêt commercial à une utilisation réduite de l’argent liquide.

La Banque centrale indienne comme Chicago boy du FMI

Le partenariat pour préparer l’interdiction temporaire de la plupart des liquidités en Inde coïncide approximativement avec le mandat de Raghuram Rajan à la tête de la Banque centrale indienne, de septembre 2013 à septembre 2016. Rajan a été, et est à nouveau, professeur d’économie à l’université de Chicago. De 2003 à 2006, il a été économiste en chef du Fonds monétaire international à Washington. (Il s’agit d’un point de son CV qu’il partage avec un autre guerrier contre l’argent comptant, Ken Rogoff.) Il est membre du Groupe des trente, une organisation assez nébuleuse, où les représentants de haut rang des grandes institutions financières commerciales mondiales partagent leurs pensées et plans avec les présidents des banques centrales les plus importantes, derrière des portes closes et sans compte rendu. Il devient de plus en plus évident que le Groupe des trente est l’un des principaux centres de coordination de la guerre mondiale contre les espèces. Il compte parmi ses membres d’autres belligérants comme Rogoff, Larry Summers et autres.

Raghuram Rajan a de nombreuses raisons de s’attendre à grimper aux échelons les plus élevés de la finance internationale et donc de bonnes raisons de jouer le jeu de Washington. Il était déjà président de l’American Finance Association et récipiendaire inaugural du prix Fisher-Black en recherche financière. Il a remporté les prix généreusement dotés d’Infosys pour la recherche économique et de la Deutsche Bank pour l’économie financière ainsi que le prix Financial Times / Goldman Sachs pour le meilleur livre d’économie. Il a été déclaré Indien de l’année par NASSCOM et banquier central de l’année par Euromoney et par The Banker. Il est considéré comme un successeur possible de Christine Lagarde à la barre du FMI, mais peut certainement aussi s’attendre à être considéré pour d’autres emplois de premier plan dans la finance internationale.

En tant que gouverneur de la Banque centrale, Rajan était apprécié et bien respecté par le secteur financier, mais il était très peu apprécié par les entrepreneurs du secteur réel (productif), à cause de son penchant pour la déréglementation et la réforme économique. La raison principale a été la politique monétaire restrictive qu’il a introduite et défendue avec fermeté. Après avoir été violemment critiqué par les rangs du parti au pouvoir, il a déclaré en juin qu’il ne chercherait pas un second mandat en septembre. Plus tard, il a dit au New York Times qu’il avait voulu rester, mais pas pour un mandat entier, et que le Premier ministre Modi ne le voulait pas. Un ancien ministre du Commerce et de la Justice, M. Swamy, a déclaré que le départ de Rajan rendrait heureux les industriels indiens :

« Je voulais qu’il dégage, et je l’ai expliqué au Premier ministre, aussi clairement que possible. (…) Son public était essentiellement occidental, et son auditoire en Inde a été la société occidentalisée de la diaspora. Les gens venaient chez moi par délégations entières pour m’inviter à faire quelque chose. »

Un désastre à venir

Si Rajan était impliqué dans la préparation de cet assaut pour déclarer la plupart des billets de banque des Indiens illégaux – et il devrait y avoir peu de doute à ce sujet, étant donné ses liens personnels et institutionnels et l’importance de la Banque centrale indienne dans la fourniture d’argent – il avait une raison suffisante de rester en arrière-plan. Après tout, cela ne devrait surprendre personne impliqué dans la question, que cette action entraînerait chaos et extrêmes difficultés, en particulier pour la majorité des pauvres et des indiens ruraux qui étaient pourtant désignés comme les bénéficiaires supposés de cette si mal nommée « intégration financière ». L’USAID et ses partenaires ont analysé la situation de manière approfondie et constaté dans le rapport Beyond-Cash que 97% des transactions étaient effectuées en espèces et que seulement 55% des Indiens avaient un compte bancaire. Et de tous ces comptes bancaires, « seuls 29% ont été utilisés au cours des trois derniers mois ».

Tout cela était bien connu et rendait certain que l’abolition soudaine de la plupart des liquidités causerait des problèmes graves et même existentiels à de nombreux petits commerçants et producteurs et à beaucoup de gens dans des régions éloignées, sans banques. Quand l’acte fut posé, il est devenu évident que la promesse d’inclusion financière par la numérisation des paiements et le refus de l’argent liquide a toujours été une fausse promesse. Il n’existe tout simplement aucun autre moyen de paiement qui puisse rivaliser avec les espèces pour permettre à tout le monde, avec de si lourds handicaps, de participer à l’économie de marché.

Cependant, pour Visa, Mastercard et les autres prestataires de services de paiement, qui ne sont pas affectés par ces problèmes existentiels, l’assaut sur le liquide sera très probablement considéré comme un grand succès, entraînant une « montée en gamme » des paiements numériques dans la « région d’essai ». Après ce chaos et avec toutes les pertes qu’ils ont dû subir, tous les hommes d’affaires qui peuvent se le permettre vont s’assurer de pouvoir accepter les paiements numériques à l’avenir. Et les consommateurs, qui sont limités dans le montant d’argent qu’ils peuvent maintenant obtenir des banques, vont plus souvent payer avec des cartes, au bénéfice de Visa, Mastercard et les autres membres de l’alliance Better Than Cash.

Pourquoi Washington lance une guerre mondiale contre les espèces

Les intérêts commerciaux des sociétés américaines qui dominent les systèmes d’affaires et de paiements numériques sont une raison importante pour le zèle du gouvernement américain dans sa tentative de réduire l’utilisation des espèces dans le monde entier, mais ce n’est pas la seule ni la plus importante. Un autre motif est la puissance de surveillance qui va avec l’utilisation accrue du paiement numérique. Les organisations de renseignement américaines et les entreprises informatiques peuvent examiner tous les paiements internationaux effectués par l’entremise des banques et surveiller la plupart des flux de données numériques. Les données financières tendent à être les plus importantes et les plus précieuses.

Plus important encore, le statut du dollar comme monnaie mondiale de référence et la domination des sociétés américaines dans le financement international fournissent au gouvernement américain un énorme pouvoir sur tous les participants au système financier non monétaire en place. Cela oblige tout le monde à se conformer au droit américain plutôt qu’aux règles locales ou internationales. Le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung a récemment publié une histoire glaçante décrivant comment cela fonctionne (en allemand). Les employés d’une entreprise d’affacturage, Geran, qui faisaient des affaires complètement légales avec l’Iran, ont été mis sur la liste terroriste américaine, ce qui signifie qu’ils ont été coupés du système financier et même certaines entreprises de logistique ne transporteraient plus leurs meubles. Une grande banque allemande a été obligée de licencier plusieurs employés, à la demande des États-Unis, alors qu’ils n’avaient rien fait d’irrégulier ou d’illégal.

Il y a bien d’autres exemples. Chaque banque internationalement active peut être soumise au chantage par le gouvernement des États-Unis afin qu’elle suive leurs ordres, puisque la révocation de sa licence pour faire des affaires aux États-Unis ou en dollar équivaut essentiellement à les mettre en faillite. Il suffit de penser à la Deutsche Bank, qui a dû négocier avec le Trésor américain pendant des mois entre payer une amende de 14 milliards de dollars et très probablement faire faillite, ou s’en tirer avec sept milliards et survivre. Si vous avez le pouvoir de mettre en faillite les plus grandes banques même des grands pays, vous avez aussi le pouvoir sur leurs gouvernements. Ce pouvoir par la domination sur le système financier et les données associées est déjà là. Moins il y a de liquide, plus ce pouvoir est important et sécurisé, car l’utilisation d’espèces est un moyen important de se soustraire à ce pouvoir.

Norbert Haering est un journaliste financier.

Traduit par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone.



http://lesakerfrancophone.fr

 

Ce hold up étasunien est un peu comme l'arbre qui cache la forêt car:

 

Les réserves d'or de l'Inde sont plus importantes que le stock d'or de Fort Knox !

En Inde, environ 20.000 tonnes d'or seraient caché loin dans les temples et les foyers, plus de 4 fois le montant de la réserve d'or de Fort Knox dans le Kentucky. L'homme politique Hindou Narendra Modi veut mettre la main ces stocks d'or.

https://www.orobel.biz

 

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05/12/16

- Inde : l'incroyable traitement des eaux usées de Calcutta - Principes d'Aquaponie

 

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12.000 hectares de marais aux portes de Calcutta. © copie d'écran FTV

La mégapole indienne possède un système unique au monde de traitement des eaux usées. Il s’agit d’un réseau de canaux qui conduisent à des marais. Là, plantes et poissons «nettoient» l’eau qui part vers la mer. Au final, peu de frais et une économie de la pêche qui fait vivre des milliers de personnes.


A une vingtaine de kilomètres du centre de Calcutta, l’utilisation de ces 12.000 hectares de marais, publics et privés, remonte à 1930.

Dans ces étangs, les jacinthes d’eau capturent et fixent les métaux lourds. Au fil des années, les Indiens ont maîtrisé la gestion de ces marais. En particulier pour introduire les alevins qui vont consommer le phytoplancton, avant que les algues ne deviennent toxiques.

Aujourd’hui, 20 tonnes de poissons sont ramassées quotidiennement dans les filets. Tilapias et carpes en majorité, soit un tiers de la consommation de Calcutta.

Et au final, l’eau rejoint la mer parfaitement nettoyée.
Reportage Joy Banerjee

Non seulement le mécanisme est peu coûteux, mais en plus il fait vivre de la pêche et du commerce près de 100.000 personnes, à travers neuf coopératives de pêcheurs.
 
Mais le procédé est doublement menacé. Faute d’investissements, les canaux s’envasent et peinent à évacuer les eaux vers les marais. Quant à l’urbanisation effrénée, elle réduit sans cesse leur superficie. Certes, ils sont protégés par le gouvernement et par des conventions internationales. Mais l’extension de la mégapole, qui aujourd’hui compte 14 millions d’habitants, semble sans limite.

 

La méthode pouvant être appliqué partout, même à petite échelle, voici les principes:

 

Aquaponie : Cultivez vos légumes bio en intérieur

L’aquaponie est une technique agricole vertueuse qui permet de cultiver des végétaux et d’élever des poissons simultanément. Les déjections des poissons servent d’engrais pour les végétaux et les végétaux servent de filtre pour l’eau des poissons.

Aquaponie = Aquaculture + Hydroponie

Le terme aquaponie et la contraction du mot aquaculture qui consiste en l’élevage de poissons et autres organismes aquatiques ainsi que du mot hydroponique qui est la culture des plantes dans un substrat artificiel et hors sol avec de l’eau enrichie en nutriments.

Dans un système aquaponique, Il n’y a aucune solution de produits chimiques, l’eau est toujours la même et il n’y a pas d’intrants toxiques à ajouter pour commencer à cultiver avec l’aquaponie. Pour cultiver les plantes, on utilise seulement les déjections hautement nutritives des poissons qui contiennent presque tous les nutriments nécessaires à la croissance optimale des plantes à terme de leur transformation par les nitrobactéries.

Schéma du cycle de l'aquaponieSchéma du cycle de l’aquaponie

En effet, dans un écosystème aquaponique, différents types de bactéries se développent et transforment les déjections de poissons en différents nutriments assimilables par les plantes.  C’est ce qu’on appelle le procédé de nitrification (Ammoniac > Nitrites > Nitrates). Les bactéries vont ainsi transformer l’ammoniac toxique contenu dans les déjections en nitrate et nutriments non-toxiques qui seront absorbés à leur tour par les plantes. L’eau est en circuit fermé et elle fini donc son cycle en étant réinjectée dans l’aquarium, une fois nettoyée et purifiée par les plantes. Ce circuit fermé peut durer indéfiniment puisqu’il suffit simplement de rajouter quelques fois le volume d’eau manquant qui s’évaporé avec le temps.

 

Les poissons salissent l’eau pour les plantes et les plantes nettoient l’eau pour les poissons.

Un écosystème aquaponique est par définition organique et biologique. C’est pour cela que l’on n’ajoute aucun produit synthétique ou engrais qui risqueraient de nuire aux poissons et aux bonnes bactéries. Le cycle doit rester naturel. Il faudra donc penser à bien surveiller la composition et l’origine de la nourriture que vous allez donner à vous poissons car si elle est de faible qualité, vous risquez de faire entrer des composants toxiques dans votre système…

definition-aquaponieLe point intéressant en aquaponie est la notion d’équilibre. Et tout cela est presque automatique: la nature se charge de tout! Les nutriments disponibles dus à la croissance des poissons augmenteront la croissance des plantes qui consommeront davantage de nutriments.

On a tendance à penser que l’aquaponie est compliquée. Pour autant, l’aquaponie est ludique et très facile ce qui lui permet d’être fait en famille. Si comme nous vous le conseillons, vous utilisez la technique du lit de culture telle que des billes d’argile ou bien du gravier tout est très simple.

Avantages de l’aquaponie

Parmi les nombreux avantages de l’aquaponie, le principal est sans doute le fait de n’utiliser ni d’engrais ni de pesticides et de permettre une production de fruits et légumes biologiques et sains.

« L’aquaponie, c’est l’agriculture du futur »

tomatesÀ l’heure où la planète est soumise à la pollution de l’air comme des sols ainsi qu’à un manque d’eau, avoir une production autonome de nourriture chez soi est un atout certain. Il est alors possible de devenir autosuffisant ou presque et de rentabiliser rapidement le coût de l’installation. En produisant la nourriture chez vous grâce à l’aquaponie, vous aurez un impact bénéfique direct sur l’environnement.

Comme nous l’avons vu, l’installation n’est absolument pas complexe et peut être réalisée par tout un chacun sans connaissance préalable en aquaculture ou en pisciculture. Il est bon de rappeler que le rendement d’une installation aquaponique est supérieur au mètre carré qu’un jardin traditionnel. L’aquaponie vous permettra d’être productif sur de petites surfaces. On devine alors une utilisation sans limites qui peut être faite dans des endroits exigus ou bien en appartement.

Les végétaux poussent de 2 à 3 fois plus vite que dans un potager classique

Un autre avantage de l’aquaponie est de travailler à hauteur. Vous n’avez plus besoin de vous plier et de vous faire de tours de reins pour cultiver votre jardin. En aquaponie, on ne désherbe pas et on ne bêche pas la terre. Nous parlions d’environnement, sachez que vous réaliserez une économie d’eau de 90 à 95 % par rapport à la culture classique et ce même dans les régions les plus arides. Économie d’eau ne veut pas dire petite récolte bien au contraire. Fini les corvées d’arrosage les soirs de sécheresse.

Malheureusement, à l’heure actuelle, la culture aquaponique n’est pas encore labellisable « agriculture biologique » car il s’agit de culture hors sol et que la culture hors sol n’y figure pas encore mais vu l’ampleur que prend le phénomène aquaponique en France et en Europe, il se peut que ce label arrive très rapidement car dans les faits, oui, l’aquaponie est bien 100% bio si vous nourrisez vos poissons de façon biologique et sans apport de traitements, de compléments non bio ou d’engrais.

Pourquoi pratiquer l’aquaponie chez soi?

Au niveau de l’entretien d’un système aquaponique, c’est relativement simple et ça reste à la portée de tout le monde. On peut même le réaliser en famille. Les enfants prendront plaisir à s’occuper des poissons et des plantes. Si vous habitez en ville, vous pourrez faire entrer chez vous un peu de nature et partagerez avec vos proches des produits sains issus de votre propre culture. De nos jours, manger du poisson et des légumes sains cultivés soi-même est un luxe. Mais ce luxe, vous allez pouvoir y goûter grâce à l’aquaponie.

Manger local, gratuit et bio… le rêve de tous

recolte-legumesVous retrouverez le goût des aliments et permettrez à vos papilles de retrouver des milliers de saveurs et de les distinguer. Vous serez alors tout à fait capable dans quelque temps de faire la différence entre des produits de consommation industrielle ainsi que des produits sains offerts par mère Nature.

Pour bien démarrer, nous vous conseillons de partir sur des kits prêts à l’emploi qui vous permettront après assemblage de démarrer le cycle de l’eau très rapidement. Si vous bricolez et que vous avez envie de fabriquer votre propre système, c’est aussi possible.

Pour finir, vous aurez compris l’enjeu de taille que représente le développement et la diffusion de la technique de l’aquaponie en France et en Europe. Soyons acteurs du monde de demain et si possible, meilleur!

Comment commencer l’aquaponie?

Vous souhaitez débuter l’aquaponie mais vous ne savez pas par où commencer? Nous avons rédigé un article complet qui recense tous nos guides et tutoriels pour commencer l’aquaponie: Guide du débutant pour bien démarrer l’aquaponie.

Nous vous invitons à le lire et à suivre les liens fournis dans celui-ci. Il y a presque tout à savoir dans ces articles avant de faire vos premiers pas et de vous lancer. Pour approfondir vos connaissances en aquaponie vous pouvez également télécharger notre formation complète à l’aquaponie.

Acheter son kit aquaponique

Si vous cherchez à acheter un kit aquaponique,vous pouvez vous rendre sur la boutique aquaponique. Kits aquaponiques complets, accessoires tels que les pompes, siphons-cloche, épuisettes, passe-parois, nourriture et bien d’autres choses vous attendent sur la boutique aquaponique.

Rejoignez le réseau des aquaponistes francophones

logo-akaponik-512Akaponik est un portail communautaire où les membres peuvent échanger et dialoguer autour de notre passion commune de l’aquaponie. Nous vous invitons à vous inscrire pour profiter de toutes les fonctionnalités du site.

Pour visiter le site Akaponik.com, cliquez ici: Akaponik.com, réseau social de l’aquaponie.



http://www.aquaponie.bio

 

L'aquaponie

Je vous avais présenté une vidéo d'un système présentant l'aquaponie pendant que j'étudiais à l'institut de recherche en permaculture australien. Je voudrais aujourd'hui entrer un peu plus dans le détail de manière à ce que vous compreniez un peu mieux le fonctionnement, les avantages et inconvénients de ce système.

http://www.permaculturedesign.fr

 

 

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31/03/15

- Shiva, destruction, re-construction

 

 

shiva2Shiva Nataraja, le danseur cosmique qui rythme la destruction et la création du monde. Il est alors représenté avec 4 bras. La main supérieure droite tient un tambour (damaru) qui rythme la création ; la main gauche supérieure tient la flamme de la destruction (samhara) ; la main inférieure droite est tenue dans un geste de protection (abhaya-mudra) ; la main inférieure gauche pointe vers le pied gauche tenu en l'air, il montre ainsi son pouvoir de grâce. Sous son pied droit, il écrase un nain-démon symbolisant l'ignorance. Son immense chevelure montre son pouvoir et il est entouré d'un cercle de feu (prabhamandala).

Le symbolisme de Shiva est d'une grande complexité du fait des nombreux courants qui l'ont vénéré au cours des siècles. Shiva est le dieu de la destruction1, de l'illusion et de l'ignorance. Il représente la destruction, mais celle-ci a pour but la création d'un monde nouveau : Shiva transforme, et conduit la manifestation à travers le « courant des formes ». L'emblème de Shiva est le phallus ou lingam, symbole de la création. Il a les yeux mi-clos, car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l'univers et amorcer un nouveau cycle.

 

2012-01-06_09-49-05_124_KPT-1Shiva est souvent vénéré sous la forme abstraite de Shiva linga. Shiva est aussi le père des divinités Ganesha, Murugan (Karttikeya), et Ayyappan (Dharma Sastha).

 

2012-01-06_08-09-08_171_KPTLe taureau Nandi, la monture de Shiva

Statue de 5 m de haut à mi-chemin lors de l'ascension des milles marches qui vous mène au temple de Chamundi Hill, près de Mysore dans le Karnataka,

sud de l'Inde.

 

2012-01-06_08-08-29_967_KPTMême ses attribut sont sacrés, les toucher apporte plus de fertilité.

 



 

 

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