mardi 15 septembre 2020

- Les voleurs sont prêt à agir, et ils le feront légalement

Posté le 15 septembre 2020

 

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Pourquoi Tout Le Monde Veut Mettre La Main Sur L'Épargne Des Français ? | Forbes France

« En France, toute somme d’argent non dépensée est une cagnotte pouvant faire l’objet d’un droit de préemption de la part des pouvoirs publics » s’attriste Jean-Pierre Thomas, président du Cercle de l’Épargne. Et les experts de tout poil ne manquent pas d’idées pour mettre la main sur l’épargne des Français.

Près de 100 000 milliards, voilà ce que les Français ont mis de côté depuis le mois de mars. Si pour certains, comme Michel Mathieu, directeur général de LCL, « c’est une bonne nouvelle, car cela veut dire qu’il y a un potentiel d’épargne qui peut s’investir en tout ou en partie dans notre économie », beaucoup d’acteurs s’agitent en coulisses, depuis quelques mois, pour mettre la main sur le pactole. Et les idées ne manquent pas.


Lors des rencontres du Cercle des économistes d’Aix-en-Provence, le sujet de la relance de l’économie par la stimulation de la demande était au centre des débats.
« Le plan France Relance, présenté par le gouvernement est un plan de l’offre, tourné vers l’investissement, donnant l’initiative de la relance aux entreprises. Or, la reprise se fera uniquement si un dialogue s’installe entre cette dynamique nouvelle des entreprises et une confiance dans l’avenir retrouvé par les ménages. Ces derniers doivent accompagner le plan de relance en utilisant leur épargne pour investir ou consommer plus, et enclencher ce cercle vertueux entre l’offre et la demande » résume Jean-Hervé Lorenzi, le président du Cercle des économistes. Ce dernier propose d’ailleurs des initiatives pour stimuler la consommation, comme instaurer un abondement de l’État dans les titres-restaurants et généraliser un « pass-consommation » aux secteurs en difficulté comme le tourisme, la culture et les loisirs.

« Ne touchez pas au grisbi » exulte Jean-Pierre Thomas qui s’inquiète que « depuis le déconfinement, la cassette fasse l’objet de tous les fantasmes et de toutes les tentations. Certains rêvent de réinjecter cette manne dans la consommation, d’autres de réorienter cette épargne liquide vers des placements longs. Dans ce contexte, rien d’étonnant que le concours Lépine pour la création d’un nouveau produit d’épargne se soit ouvert. De la création d’un Livret Covid au lancement d’un emprunt national, les propositions ne manquent pas. Ces dernières années, de nombreux produits lancés de manière opportuniste n’ont pas répondu aux attentes de leurs auteurs. Les contrats NSK ou DSK, les contrats Vie Génération et l’Eurocroissance en sont les tristes exemples. »

Mais sa cause semble perdue d’avance. Pour le gouvernement, c’est clair, le plan de relance sera financé, en partie, par l’épargne réglementée des Français.
Le ministère de l’Économie a d’ailleurs donné son accord à la Caisse des dépôts pour élargir les conditions d’utilisation des fonds collectés sur les livrets A, Livret de développement durable et solidaire et autre Livret d’épargne populaire pour octroyer des prêts à très long terme à des programmes d’intérêt général, essentiellement le logement social. Ces prêts pourront financer des projets prioritaires dans le cadre de la transition écologique et énergétique, la santé ou encore le tourisme. Ils “soutiendront également les projets des élus en matière de transports propres, de production d’énergies renouvelables ou encore de rénovation énergétique des bâtiments publics comme les écoles”.

Côté assurance-vie qui, avec 1 800 milliards d’encours, reste le placement chouchou des Français, la messe semble également dite. Depuis plusieurs mois, les banquiers et les assureurs qui les gèrent limitent drastiquement l’investissement sur les fonds en euros, les plus sécurisés, pour pousser les clients vers les unités de comptes (UC), investis en Bourse et donc censés être plus favorables au financement de l’économie réelle.

Les Français fuient l’assurance-vie

Résultats, les Français fuient l’assurance-vie. La collecte baisse même dangereusement : -4,7 milliards d’euros au cours des six premiers mois de l’année (15 milliards d’euros sur la même période en 2019).

Reste, pour les Français, la solution de laisser « dormir » l’argent sur leur compte en banque. En espérant que, sous couvert des taux négatifs pratiqués par la Banque Centrale Européenne, les banques ne généralisent pas la facturation des dépôts. Car certains grands établissements ont déjà pris des initiatives pour les décourager.

Les banques commencent à taxer les dépôts

La banque suisse UBS, spécialisée dans la gestion de fortune, facture ainsi les dépôts de ses clients particuliers détenteurs d’un compte courant en Suisse. Les clients détenteurs d’un compte dépôt pour un montant supérieur à 500 000 devront régler des frais annuels de 0,6 %. Et pour les dépôts de plus de 2 millions de francs suisses, les frais grimpent à 0,75 %. Ses concurrents, Pictet, Crédit Suisse et Julius Baer, pratiquent aussi ce type de frais. Quelques banques nordiques et allemandes sont aussi passées à l’acte, rappelle le journal l’Agefi, tout comme Lombard Odier en France. L’italienne UniCredit a quant à elle rehaussé le seuil des comptes concernés de 100 000 à un million d’euros.

Mais dans le marché, la prudence est de mise. Après avoir étudié le sujet, Rothschild & Co a finalement renoncé. « La mesure évoquée n’est pas pratiquée par Rothschild & Co en France», assure à l’Agefi une porte-parole de la banque. Dans les grandes banques de réseaux, la question est pour l’instant en suspens. Mais jusqu’à quand ?
Et ne comptez pas sur les Fintechs pour leur mettre la pression. En Angleterre, la fintech britannique Starling a prévenu ses clients qu’elle allait facturer les dépôts au-delà de 50 000 euros. Monzo ou encore Revolut pourraient lui emboîter le pas.



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lundi 14 septembre 2020

- L'état français, le CAC40, et les monopôle privés, financés par les français

Posté le 14 septembre 2020

 

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Monopoles privés

C’est la rentrée de l’Observatoire des multinationales et de sa lettre hebdomadaire.
Au menu,
- la nouvelle tentative de mariage entre Veolia et Suez,
- le plan de relance, et le soutien de l’État français aux grands projets gaziers de Total et Technip.
Mais aussi
- du béton dans la Seine,
- de la reconnaissance faciale,
- du plastique et des cadeaux à Big Pharma.

 

 

Covid : Le CAC 40 a versé au moins 37 milliards de dividendes à ses actionnaires

En France, 23 entreprises du CAC 40 ont tout de même décidé de verser des dividendes cette année, sans prendre en compte les appels à la modération du gouvernement. Au total, le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France a augmenté de 3 % en 2020, battant un nouveau record malgré la crise.

Dans un nouveau rapport, l’ONG Oxfam montre comment la crise sanitaire a révélé un modèle économique inégalitaire et injuste dans lequel les grandes fortunes amassent toujours plus de richesses alors qu’une grande partie de la population est plongée dans la précarité. Oxfam dénonce le fait que cette accumulation de richesses se soit réalisée sur le dos des populations travailleuses les plus pauvres, et plaide pour une réforme des entreprises permettant de mieux répartir les richesses, notamment dans le cadre des plans de relance en cours.

Une inégale répartition des richesses

Dans son rapport intulé « Covid19 : les profits de la crise », Oxfam décrit les rouages d’une économie à deux vitesses. En 2020, les bénéfices de 32 des plus grandes entreprises du monde devraient ainsi connaître une hausse spectaculaire de 109 milliards de dollars que leur bénéfice moyen réalisé au cours des quatre années précédentes.

Sont concernées : Microsoft, Intel, Apple, Walmart, UnitedHealth, Facebook, Google, BHP, Nestlé, Merck & Co, CVS Health, Amazon, Procter & Gamble, Visa, Cisco Systems, Johnson & Johnson, Home Depot, Roche, Oracle, Deutsche Telekom, Reliance Industries

Une large partie de ces bénéfices a été reversée à de riches actionnaires pour des sommes astronomiques. Les 25 milliardaires les plus riches du monde ont vu leur richesse augmenter de 255 milliards de dollars entre la mi-mars et la fin mai seulement, soit une augmentation moyenne de 10 milliards de dollars.

En France, le milliardaire français Bernard Arnault a augmenté son patrimoine de 20 milliards de dollars, soit une hausse de 26%, entre le début de la pandémie et la fin du mois de mai.

En même temps, il est estimé qu’un demi-milliard de personnes dans le monde pourraient sombrer dans la pauvreté en raison de la crise économique engendrée par la pandémie. Quelque 400 millions de personnes ont déjà perdu leur emploi, et l’Organisation internationale du Travail (OIT) estime que plus de 430 millions de petites entreprises sont en danger, prévient l’ONG

« Il est révoltant de voir qu’en pleine pandémie, certaines entreprises versent des dividendes record à de riches actionnaires alors qu’elles ont reçu de l’aide publique destinée à protéger les emplois. Des ressources pourtant rares sont versées aux personnes déjà très riches, alors que des centaines de millions de personnes souffrent des conséquences de cette pandémie. Les femmes, les minorités raciales et ethniques et les populations migrantes sont fortement touchées. » a déclaré Chema Vera, directeur général d’Oxfam International

Selon les rapports d’activités des entreprises, depuis janvier, Microsoft a versé plus de 21 milliards de dollars à ses actionnaires, et Google 15 milliards de dollars. Tout comme le japonais Toyota qui a distribué aux actionnaires plus de 200 % des bénéfices qu’il a réalisés. En Allemagne, BASF, le géant qui a racheté Monsanto, a versé lui plus de 400 % de ses bénéfices aux actionnaires pendant les six derniers mois.

Et cette tendance n’est que le prolongement d’une politique court-termiste menée par les compagnies afin de fidéliser leurs actionnaires. De nombreuses entreprises ont ainsi versé de l’argent à leurs actionnaires alors que leurs comptes étaient au rouge. Durant les 3 ans avant la crise, les trois plus grandes structures hospitalières privées d’Afrique du Sud ont versé 163% de leurs bénéfices à leurs actionnaires. Résultat, pendant la crise, elles n’avaient pas les moyens de payer des fournitures médicales à leur personnel.

En France, 23 entreprises du CAC 40 ont tout de même décidé de verser des dividendes cette année, sans prendre en compte les appels à la modération du gouvernement. Oxfam précise ainsi que le CAC 40 aura versé au moins 37 milliards de dividendes pendant la crise. Au total, le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France a augmenté de 3 % en 2020, battant un nouveau record malgré la crise.

Comment mieux les redistribuer

Face à cette aggravation des inégalités, et alors que le plan de relance a été posé sur la table par le gouvernement, Oxfam appelle les gouvernements à taxer les entreprises qui ont réalisé des bénéfices exceptionnels pendant la crise et à créer une nouvelle régulation permettant de mieux répartir les richesses.

« Un impôt sur les bénéfices exceptionnels réalisés pendant la pandémie COVID-19, similaire à celui pratiqué pendant la Seconde Guerre mondiale rapporterait des milliards de dollars de recettes nouvelles, nécessaires pour répondre à l’aggravation des inégalités économiques, raciales et de genre engendrée par la pandémie. Si l’on se concentre uniquement sur les 32 entreprises mondiales qui profitent le plus de la COVID-19, on estime qu’il serait possible de lever 104 milliards de dollars de fonds en 2020 pour lutter contre la pandémie. Pour mettre ce montant en perspective, il permettrait de payer les tests de dépistage de la COVID-19 et les vaccins anti- COVID-19 pour chaque habitant de la planète et de disposer de33 milliards de dollars en plus pour investir dans le renforcement d’un personnel de santé de première ligne pour le 21e siècle. » explique ainsi l’ONG dans son rapport

En effet, la philanthropie affichée des grandes entreprises n’est souvent qu’une goutte d’eau dans l’océan de largesses qu’elle pourrait prodiguer. Au niveau mondial, les travaux d’analyse d’Oxfam ont révélé que les dons des plus grandes entreprises du monde au cours de la crise de la COVID-19 équivalaient en moyenne à 0,32 % de leur résultat opérationnel pour 2019.

Pour la France, l’ONG demande au gouvernement et aux parlementaires de conditionner l’octroi de l’ensemble des crédits du plan de relance à la mise en place d’objectifs socio-écologiques pour les grandes entreprises :

  • Refuser la baisse aveugle des impôts de production.
  • Publier un plan de transformation de l’entreprise comprenant : l’empreinte carbone directe et indirecte, une trajectoire de réduction de cette empreinte carbone alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris et un plan d’investissement permettant le respect de cette trajectoire.
  • Interdire le versement de dividendes et de bonus PDG pour le prochain exercice budgétaire (2021).
  • Ne pas faire peser le financement du plan de relance sur les plus pauvres et au contraire de mettre à contribution celles et ceux qui ont le moins pâti de la crise.

Pour enfin cesser de privatiser les profits et mutualiser les pertes, l’ONG exhorte les gouvernements du monde entier à ne pas répéter les mêmes erreurs qu’en 2008.



https://lareleveetlapeste.fr



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